Coordination statistique

Importance de la coordination statistique


Le système statistique national (SSN) est constitué par :

  • les producteurs : un organe central, des services sectoriels des départements ministériels, des établissements publics et parapublics, la banque centrale ;
  • les utilisateurs : l’administration publique, la société civile, les étudiants, les chercheurs, les privés, les partenaires au développement, etc. ;
  • les fournisseurs : les ménages, les entreprises ;
  • les organes de coordination : le conseil national de la statistique et des organes consultatifs spécialisés.

Etant donné la diversité du champ de la statistique, des partenaires et des méthodes de la statistique , la coordination des travaux est impérative pour plusieurs raisons. Elle évite les doubles emplois, permet une harmonisation des concepts et des méthodes, facilite les échanges d’expériences entre partenaires et les services en charge des enquêtes, améliore la relation entre enquêteurs et enquêtés. Elle est, par ailleurs, un facteur d’économie budgétaire.

En somme, la coordination statistique est un des facteurs clés du développement statistique. Entendue comme dialogue entre, d’une part, les producteurs et les utilisateurs pour mieux gérer leurs besoins et rationaliser la production des données et, d’autre part, entre les producteurs de statistiques pour optimiser les ressources et obtenir leur adhésion aux outils conceptuels et méthodologiques, son amélioration est rendue impérieuse par l’importante et exigeante demande statistique actuelle et le principe d’appropriation impulsé par la gestion axée sur les résultats (GAR).

En général, la coordination est régie par un cadre législatif, réglementaire et judiciaire comportant une loi et ses textes d’application. La loi définit les organes de coordination à mettre en place. L’un de ces organes est le conseil national de la statistique qui constitue un cadre de dialogue entre les différents intervenants du SSN. C’est l’organe pivot de la coordination statistique.

Il existe deux types de coordination : la coordination institutionnelle qui consiste en la répartition des tâches entre les différents services et la coordination technique assurée par l’harmonisation et l’utilisation des méthodes, concepts et d’outils communs (nomenclatures, répertoires, etc.). La planification stratégique qui est en cours actuellement permet de disposer d’autres outils ou cadres de coordination statistique (SNDS, schéma directeur, plan d’action, etc.).

Appui à l’amélioration de la coordination statistique dans les Etats membres


En 2000, la coordination dans les Etats membres n’était pas satisfaisante. Quatre Etats membres ne disposaient pas de loi statistique ni de structure de coordination des activités. Dans les Etats où ces structures existaient, leur fonctionnement était jugé non satisfaisant (Cf. tableau ci-dessous). De plus, il n’existait généralement pas de cadre de travail établi dans une optique à moyen terme dans lequel s’inséraient les actions faisant l’objet de coordination (schéma directeur de la statistique ou plan de développement à moyen terme).

[1] PROSMIC, page 23, point 2.1.

[2] Les appellations varient d’un pays à un autre.

Tableau 1 : Cadre légal et coordination des systèmes statistiques nationaux (1)

PAYS

Législation statistique

Coordination du système statistique national

Existence d’une loi fondamentale

Date de la loi

Existence d’une structure

Existence d’un texte la régissant

Fonctionnement effectif

Statut de fonctionnement

S : satisfaisant

NS : non satisfaisant

BENIN

Oui

16/10/73

Oui

Oui

Non

NS

BURKINA

Oui

08/11/96

Oui

Oui

Oui

NS

CAMEROUN

Oui

16/12/91

Oui

Oui

Oui

NS

CENTRAFRIQUE

Non

Oui

Oui

Oui

NS

COMORES

Non

Non

CONGO

Oui

07/07/82

Oui

Oui

Non

NS

COTE D’IVOIRE

Oui

07/06/51

Oui

Oui

Non

NS

GABON

Oui

06/04/71

Oui

Oui

Non

NS

GUINEE-BISSAU

Oui

25/03/91

Non

GUINEE ÉQUATORIALE

Non

Non

MALI

Oui

29/06/91

Oui

Oui

Oui

NS

MAURITANIE

Oui

06/06/84

Oui

Oui

Non

NS

NIGER

Oui

30/03/93

Oui

Oui

Non

NS

SENEGAL

Oui

30/06/96

Oui

Oui

Oui

S

TCHAD2

Non

Non

TOGO

Non

Non

Source : PROSMIC, 2001-2005

Pour aider les pays à améliorer la coordination de leur SSN, AFRISTAT a accordé à une priorité à ce domaine à travers ces deux programmes de travail d’AFRISTAT écoulés (PROSMIC 2001-2005, PSTA 2006-2010 et PSTA 2011-2015). L’appui aux États s’est fait à travers l’organisation des sessions de formation et des appuis directs ou en ligne.

A la fin de l’exécution du PSTA 2006-2010, tous les pays membres disposaient d’une loi organisant l’activité statistique au niveau national. Avec l’avènement de la Charte africaine de la statistique et de la Stratégie d’harmonisation des statistiques en Afrique (SHaSA) au niveau continental, les pays ont procédé à des révisions des textes nationaux en vue d’intégrer les nouvelles exigences. (Tableau de bord pour le suivi institutionnel des SSN dans les Etats membres).

Il faut rappeler qu’en 1998, AFRISTAT avait organisé un atelier dont le thème est « Stratégie, gestion des ressources et pilotage d’un institut national de la statistique ». Les conclusions de cet atelier est sur le site d’AFRISTAT (www.afristat.org/contenu/pdf/at/ps0598_startegieins.pdf).

A travers les deux programmes, AFRISTAT a :
– développé des outils techniques de coordination. Il s’agit de la mise en place et de la rénovation des nomenclatures d’activités et de produits (www.afristat.org/component/content/article/49-grands-dossiers/590-comptabilite-nationale), de l’élaboration d’un recueil harmonisé des concepts et définitions statistiques (www.afristat.org/contenu/ressources/methode02.html) ;
– organisé une conférence sur l’assistance en Afrique francophone dans le domaine de la statistique (http://www.afristat.org/contenu/pdf/at/cr1007_confassistafrique_fr.pdf ;
http://www.afristat.org/contenu/pdf/dclbko/declaration_bamako_311007en.pdf ).
– apporté des appuis directs pour :
+ la révision ou la formulation des projets de textes relatifs à l’organisation de l’activité statistique (management et coordination de l’activité statistique, définition des stratégies de communication et de plans de formation continue) ;
+ l’élaboration ou l’actualisation de stratégies nationales pour le développement de la statistique ;
+ la définition et la mise en œuvre d’une politique régionale de formation statistique, notamment de formation continue en collaboration avec les écoles de formation statistique de la région (http://www.afristat.org/contenu/pdf/rsc/afristat_cadre_reference_formation_continue.pdf)
+ la recherche des opportunités de financement extérieures des activités statistiques.
Après la mise en œuvre de ces deux programmes avec l’appui des partenaires techniques et financiers, la situation s’est globalement améliorée dans les SSN. Les avancées enregistrées sont exposées dans le document intitulé « Etat des systèmes statistiques des Etats membres d’AFRISTAT » : (http://www.afristat.org/contenu/pdf/rsc/afristat_etat_sys_stat.pdf). Pour l’élaboration et la mise en œuvre des SNDS, on peut se référer pour plus d’information à : http://www.paris21.org/sites/default/files/NSDS_report_march2011.pdf.

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